[ACTU CSAP] COLERE ET OBJECTION DES REPRESENTANTS DE LA MONTAGNE

La veille des deux jours de manifestations annoncées sur le département des Hautes Alpes, la suite des interventions entendues lors de la visioconférence organisée par Renaud Muselier samedi 9 janvier avec un ton de colère et d'objection en filigrane...

Jean-Paul Carlhian, Président du Comite de Ski Alpes Provence


« Pour le Comité de ski Alpes Provence, cette crise, c’est 40% de vente de licence en moins autant de moyens en moins. […]

Il faut se poser la question de « l’après ». Nous ne pourrons pas survivre. […] les athlètes mais aussi le secteur associatif du ski. Le sport est ignoré ainsi que ses valeurs. Les services de l’Etat dont vous monsieur le Secrétaire général, nous montrent que nous n’existons pas. Vous nous amenez à l’abattoir, nous allons disparaitre alors que les personnes qui nous aident autour de cette table nous donnent un grand coup de main pour nous soutenir, et ces gens-là, à un moment n’auront plus les moyens de le faire. […]

Aujourd’hui je constate à l’instar du président Monsieur Muselier, toutes les décisions sont prises à huit clos. Cinq personnes imposent des solutions de vie dramatiques. Nos élus locaux n’ont pas assez de poids et ne peuvent rien faire. Le ski est pour vous accessoire. On nous a traités avec mépris. Laissez-nous travailler s’il vous plait, sortez notre département d’une zone rouge, nous n’avons pas à y être ; voyez le désespoir total dans lequel tout le monde est. Oui, le vaccin, mais à un moment on ne pourra pas sauver tout le monde ».

Didier Ricou, Président de l’association locale

pour le développement du ski et du tourisme en montagne

« [Concernant les aides dont parlait le Secrétaire général], pour le mois de décembre, on ne sait toujours pas où on va! On nous parle de 15 ou 20% ou de 10 000 euros ... selon les catégories de magasins. […] Beaucoup de commerçants sont sous antidépresseurs, avec le peu de visibilité qu’on a. [… ] Se poser la question de la date du 20 janvier, c’est terrible, car le 20 janvier, [le gouvernement] va de nouveau nous botter en touche. C’et grave c’est toute une économie qui est foutue en l’air. […] Les clubs sont dans des situations aberrantes. On leur autorise de skier mais le financement des stations est quand même lié aux forfaits que nous vendons et pas lié à des aides […] [De notre côté], on a eu de la chance, la mairie nous a soutenu, on a pu ouvrir pour les clubs de la vallée de Vallouise et eux ont pu s’entrainer pendant les vacances de Noel mais la situation est ridicule. On peut se poser la question Monsieur le Secrétaire général et j’espère que vous pourrez le faire remonter à vos supérieurs, est-ce qu’il faut revêtir des gilets blancs, est-ce qu’il faut qu’on bloque les frontières ? […] on peut le faire, on peut vous amener des camions de neige devant les préfectures, devant les péages ? On est en colère. »


Alexandre Maulin, Président des Domaines skiables de France

« Il nous faut une date claire au 20 janvier. Le gouvernement doit se rendre compte que s’il ne prend pas une décision, c’est une saison blanche. Soit le 20, on a une date de réouverture et on peut relancer les réservations et sauver le cœur de la saison, soit c’est foutu. Ce n’est pas au 15 mars qu’on pourra rouvrir. Pour les aides, nous les exploitants nous sommes toujours dans l’incertitude, la situation pèse sur les petits exploitants qui sont en bout de trésorerie. Des gens ont été oublié, les villages vacances et les résidences de tourisme. Si on les laisse mourir, les dégâts vont se propager sur les 20 prochaines années.

Pour les sportifs, on est content de pouvoir aider mais ça n’a pas été simple. Le gouvernement ose dire que pour les stations qui ont joué le jeu, en ouvrant pour les clubs, le peu de chiffres d’affaires que nous avons fait avec les clubs nous sera déduits de la dotation dont on a droit pour faire vivre nos domaines skiables. C’est important que le gouvernement arrête de changer de critères. A un moment il faut qu’on nous dise des choses claires. On est passé par 14 versions de protocoles pour arriver à un modèle aujourd’hui le plus strict en France celui des stations. Nous avons beaucoup travaillé avec nos partenaires pour arriver à un niveau de finesse et de protection de nos collaborateurs et des skieurs qui viennent dans nos stations. Ce sont nos actions qui peuvent faire comprendre au gouvernement que l’on peut ouvrir et que l’on peut travailler et qu’il faut qu’il nous laisse faire vivre notre territoire. »

Eric Brèche, Président du Syndicat National des moniteurs de ski français


« Depuis le mois d’aout, nous nous sommes mis autour de la table. Ce n’est pas seulement le ski qui est condamné mais l’après ski. […]

On continue à nous balader en disant le 7 janvier, n’était peut-être pas une bonne date, avec des mensonges incroyables, c’est encore un mépris ! De Paris, on ne voit pas les hommes et les femmes qui vivent dans les vallées.[…] Le ski n’a pas un caractère essentiel [pour le gouvernement], mais pour les gens qui vivent dans les vallées, le ski c’est notre culte. On veut en vivre et continuer à en vivre. La problématique, […] c’est que la pluriactivité : cette association de filières, c’est comme une cordée, tout le monde en pâtit fortement. Vous dites que l’argent va arriver à subvenir à tout ça ; c’est sous-estimer la partie psychologique des choses. Beaucoup de gens veulent venir à la montagne car il y a une distanciation, automatiquement physique. La notion de brassage dont on nous a martelé, comment explique-t-on qu’il y en a plus dans les stations que dans les rames de métro, dans les villes ? […] La démonstration que le gouvernement vient de nous faire et qui me reste en travers de la gorge, c’est que tout ce qui est ouvert reste ouvert, tout ce qui est fermé reste fermé. Je considère que la montagne est sacrifiée par le gouvernement.

Je remercie toutes les Ecoles de ski qui ont essayé d’assurer un minimum d’activités avec les jardins d’enfants, les sorties raquettes avec des problèmes de sécurité. Je peux vous assurer que la montagne est beaucoup plus sécurisée quand elle est ouverte. Nous sommes tous des gens responsables, nous avons tous fait des protocoles, nous avons tous achetés des protections, on a mis milliers d’euros qui sont encore dans les cartons !

Il est plus que nécessaire que le 20 janvier nous ayons une décision claire. Maintenant, si les choses sont si graves que ça, démontrez-le-nous! La situation crée des crispations et ça va monter dans les tours, il faudra tenir nos troupes, mais si on doit faire des actions, on les fera.

Jean-Luc BOCH, Président des Associations des maires de montagne


Aujourd’hui, les maires voient que tous les jours des commerçants, des entreprises viennent les voir parce qu’ils ne vont pas passer cette crise. On n’a pas pris l’importance et la gravité de la situation. Si on continue comme ça malgré une ouverture en février, il ne faut pas se leurrer. 20 à 50% des artisans et des commerçants vont tout perdre ! Toute l’économie d’une vie ! C’est catastrophique et dramatique et on n’en a pas conscience. Ca devient dur d’essayer de convaincre un mur. Ce n’est pas de l’argent que veulent les montagnards c’est du travail! […]

Il ne faudrait pas que 70 ans d’évolution de la montagne française, un territoire dans lequel il est le plus dur d’y vivre, soit anéanti et détruit en l’espace de deux à trois mois ! […] Tous les fournisseurs de la montagne ne passeront pas le cap. Si on n’a pas la possibilité d’accueillir les clients, tout le reste ne servira à rien. Les cabinets de médecins ne passeront pas le cap !

Malheureusement, une seule partie des ministres est derrière nous. […] Le cabinet du Ministre de la santé systématiquement modifie la donne et les chiffres pour pouvoir empêcher cette ouverture. On est au bord du gouffre.

[…] Pour le moment on se fait balader de semaine en semaine et de mois en mois, à un moment ca suffit. On risque de perdre une grande partie de nos sportifs qui font la fierté de nos montagnes françaises. On est dans les trois meilleures nations au monde. Si c’est si compliqué, pourquoi l’Autriche est ouverte, pourquoi la Suisse, pourquoi une partie de l’Espagne est ouverte, ils ont exactement les mêmes taux d’incidence que nous. Peut-être qu’il y a une Europe à demi-vitesse. Si le 20 janvier, on a une réponse positive pour ouvre début février, il va falloir mettre de l’argent sur la table comme on a jamais mi pour des campagnes de communication. Il va falloir faire un battage médiatique sans précédent. Le « quoi qu’il en coute » [dixit] notre premier ministre, c’est une fausse information ! Car « quoi qu’il en coute », ca veut dire qu’on ne payera pas un système économique qui a mis des années à se mettre en place. […] N’oubliez pas que la montagne, c’est un écosystème de réinvestissements. Le gouvernement doit prendre en compte le fait que les gens qui ont pour le moment réservé les vacances de février n’annulent pas. C’est-à-dire, qu’on n’est même pas en train d’augmenter notre taux de réservation mais de tout faire pour ne pas perdre les gens qui nous font confiance. Si on réalise 25 à 30% du chiffre d’affaire, on aura beaucoup de chance… N’oublions pas l’aspect psychologique de la situation ne soit pas pire que la Covid19, parce que c’est malheureusement ce qui est en train de se passer ! »

François de Canson, Conseiller régional délégué à la Sécurité civile et aux risques majeurs


« […] Les acteurs de la montagne l’ont encore prouvé ce matin, ce ne sont pas des enfants capricieux, ils demandent seulement à travailler, [ainsi qu’] une considération de nos territoires, une stratégie lisible. Alors Monsieur le Secrétaire général, la situation ne peut plus durer. Tous les maillons de la chaine ont fourni un travail considérable […] On est prêt à appuyer sur le bouton le 20 janvier pour promouvoir ce territoire d’exception parce qu’on en a plus que besoin. Quand vous entendez tous ces acteurs, vous avez forcement envie de pleurer Monsieur le Secrétaire général. En France on ne peut pas admettre une telle situation … ce qui ressort, en France, on a besoin d’un vrai ministère du Tourisme. Le tourisme n’est pas une rente, on a besoin de quelqu’un qui puisse taper sur la table […] Alors de grâce, le 20 janvier soyez au rendez-vous. »

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